Dans le jargon des pilotes, c’est à partir de 2001 que le Rafale passe progressivement du stade « PRACTICE », puis « LIVE » et enfin « HOT » en 2007, date à laquelle il devient véritablement « Combat Proven ». Quelques dates :

  • 26 juin 2006 : première Permanence Opérationnelle (PO) à Mont de Marsan
  • Mars / Juin 2007 : première Opération Extérieure avec tir de GBU-12 en Afghanistan
  • Mars / juin 2008 : retour en Afghanistan avec GBU-12 et AASM
  • 19 avril 2008 : premier tir AASM en Afghanistan
  • Juillet 2010 : le Rafale prend l’alerte nucléaire depuis Saint Dizier
  • Mars / Octobre 2011 : opération Harmattan (Lybie)
  • Janvier 2013 : opération Serval (Mali)
  • Décembre 2013 : opération Sangaris (Centrafrique)
  • Septembre 2014 : opération Chammal, début des actions contre le groupe terroriste Daech (Irak)
  • Avril 2018 : raid de missiles Scalp contre la Syrie

Photo © Alan Cordina

2018 : la flotte Rafale cumule 235000 heures de vol, dont 38000 en opérations


HERACLES : décembre 2001 à juin 2002

Les Rafale M2 et M3 embarquent sur le Charles de Gaulle pour épauler le dispositif « Enduring Freedom ». Les appareils assurent la défense de la flotte et le contrôle du trafic aérien afghan. Au standard F1, ceux-ci emportent 2 Magic II, ainsi que des réservoirs pendulaires largables.

F-14 et F-18 sont affrontés lors de DACT (Dissimilar Air Combat Training).

Accompagnés par la suite des M3, M4, M5, M6, M7 et M8, les appareils rentrent à Landivisiau en juillet 2002 après 7 mois d’opération.

© Marine nationale – Source

 

 


AGAPANTHE : février 2006 à juin 2006

Missions de sûreté et ravitaillements en vol sont effectués sur des durées de 4 à 6 heures. En parallèle, la campagne CdG 06 valide l’emport du SCALP-EG au point central, ainsi que l’ASMP-A et l’Exocet. A noter que même le MICA-EM est testé aux extrémités de voilure (habituellement la place d’un MICA-IR). 

Exercice franco-saoudiens en mars, rencontres avec les Sea Harrier du Viraat indien et Mirage 2000-9 Emiratis sont également au menu. Des touch and go sont effectués sur l’USS Ronald Reagan.

Enfin, 640 sorties sont réalisés lors de patrouilles au dessus de l’Afghanistan en mai.

© Marine nationale – Source


AFGHANISTAN : mars 2007

Les premiers tirs de GBU-12 ont lieu avec guidage laser réalisé par des Super Étendard (le 28 mars, en soutien à des troupes néerlandaises situées au sol).

Le Rafale, à son standard F2, fait donc cette année son entrée officielle sur un théâtre d’opérations extérieures, et prend l’avantage sur les standards F1.

Des Rafale F2 se posent pour la première fois sur un porte avions US, leurs nouvelles centrales inertielles permettant la manœuvre (avec GPS), contrairement au standard F1.


AFGHANISTAN : avril à mai 2008

Le 20 avril 2008, l’AASM est employé pour la première fois. Basé à Kandahar, un Rafale tire 2 bombes propulsées de 250 kg chacune en soutien à des forces canadiennes en difficulté. Le tir a lieu à 10 km de distance sur un objectif situé à 200m des troupes alliés au sol.

L’AASM a théoriquement un taux de fiabilité de 96%, alors que celui de la bombe guidée GBU 12 est de 72%. En clair, une GBU-12 larguée sur quatre n’atteindrait pas son objectif. Source.

A chaque vol, le pilote emporte 2500 dollars pour remplir un peu l’appareil en carburant en cas de déroutement, plus 50 dollars pour manger.

La configuration de vol retenue le plus souvent se compose de 2 réservoirs pendulaires largable de 2000 litres, ainsi que 4 AASM GPS ou GBU-12.

Premier tir AASM en opération : dimanche 20 avril 2008Extrait de « Rafale en Afghanistan » © aux éditions Vario. 

« Levé 6h30 … J’arrive en zone ops, j’y ai mes marques maintenant.

Aujourd’hui je vole avec un armement nouveau, qui entraîne une nouvelle procédure de tire et surtout de nouvelles règles d’engagement … Mon objectif premier est d’être certain de ne pas tirer sur des innocents … l’aspect absolument nouveau de cette bombe (GPS / INS seulement) avec laquelle on ne vise pas parce qu’elle se dirige elle même sur les coordonnées qu’on lui a donné …

Ma seconde priorité est de délivrer l’armement rapidement et précisément si on me le demande. Cela impose le positionnement précis de l’avion au point de tir dans un temps restreint pendant lequel il faudra faire les vérifications systèmes et lever les verrous des règles d’engagement en dialoguant avec le contrôleur au sol …

L’enchaînement des pages systèmes sur mes visualisations doit être orchestré pour gagner un maximum de temps … Je révise mes actions en privilégiant l’utilisation des 34 boutons multiplexés à ma disposition sur le mini manche et l’énorme manette des gaz …

« Retaskés » (nouvelle mission confiée après une mission initialement prévue), nous rejoignons notre zone …

Soudain, le centre de commandement nous appelle sur « Garde » (la fréquence de « veille »), nous demande de passer sur « Green » (en communication cryptée) et nous annonce que nous sommes retaskés sur un accrochage « TIC » (Troop In Combat) … Le contrôleur avancé nous informe rapidement de la situation : ils ont été pris à parti par des Talibans. Les alliés ont riposté et ont forcé les insurgés à se réfugier dans un « compound » (une maison) …

Le Mirage 2000D d’accompagnement comprend très vite qu’il ne lui sera pas possible de tirer sont armement laser en étant certain du point visé.

L’AASM étant guidé via GPS, nous sommes en mesure de tirer au bon endroit …

Le contrôleur nous annonce que ses coordonnées ont une excellente précision. Je lui répond « In Hot » (prêt à tirer). Je lui demande ainsi de m’autoriser au tir. Il m’annonce « stand by – stand by » pour dégager la zone. Trois minutes plus tard, il m’annonce « Clear Hot », c’est sa façon de me dire que je suis autorisé à tirer …

L’avion s’incline légèrement au « glong » des 300 kg éjectés sous l’avion. « Out hot, impact in few seconds ». J’ouvre par la gauche pour me placer sur un arc de cercle, la « wheel » autour du target et surveiller l’impact de la bombe …

Je lui demande : « confirm B-D-A » (Battle Damage Assesment). Après de longues secondes, il me répond « good shot, stand by for more » ! …

La bombe a impacté à 10 mètres du point visé … C’est le premier tir d’un AASM sur un théatre d’opération.


AGAPANTHE : octobre 2010

Cette fois, ce sont 10 Rafale M « F3 » qui partent en direction de l’Afghanistan … Evènement significatif, le pod RECO-NG est mis en oeuvre pour la première fois, de même que les configurations lourdes avec bidons de 2000 litres et l’emport de 6 bombes. La configuration « super nounou » est également exploitée pour la première fois.

Seul manque encore le pod Damocles. 240 missions sont réalisées, souvent à 1000 km du porte avions.

 

 


HARMATTAN : mars à octobre 2011

19 mars 2011 : 4 Rafale décollent de St Dizier … direction la Lybie. De multiples configurations d’emports sont retenues pour les premières actions : défense aérienne, reconnaissance et bombardement.

© Ministère de la défense

Par la suite, c’est principalement la base de Solenzara qui assurera la logistique.

La Marine national intervient également à partir du porte avions Charles de Gaulle à partir du 22 mars :

Le bilan des munitions tirées sera de :

Rafale Marine :

  • 616 sorties, soit 2364 heures de vol
  • 4 missiles SCALP
  • 80 AASM
  • 134 GBU-12 et 83 GBU-49

Rafale Air :

  • 1039 sorties, soit 4539 heures de vol
  • 11 missiles SCALP
  • 44 GBU-24, 77 GUB-49 et 155 GBU-22
  • 139 AASM
  • 288 GBU-12

45% des sorties ont nécessité le pod Reco-NG et 10% des missions ont été assurées en configuration « nounou » par des Rafale M.

Les Rafale ont supporté environ 50 % de l’effort de bombardement, le reste ayant été assuré par les Mirage 2000, F-1 et Super Etendard.

À la fin de l’opération, le ministère de la Défense déclare plus de 27 000 heures de vol (dont 6800 heures effectuées par les Rafale) et environ 5 600 sorties réparties comme suit : 3 100 sorties offensives, 1 200 sorties de reconnaissance, 400 sorties de défense aérienne, 340 sorties de contrôle aérien, 580 sorties de ravitaillement.


SERVAL : janvier 2013 à juillet 2014

Le 11 janvier 2013, à la demande des autorités maliennes et de l’ONU, la France a lancé une opération militaire en appui des forces armées maliennes baptisée Serval. Elle a pour but de mettre un coup d’arrêt brutal à l’avancée des groupes djihadistes vers le Sud du Mali et d’assurer la sécurité des 5000 ressortissants français dans le pays.

13 janvier 2013 : Quatre Rafale de Saint-Dizier, frappent le sol malien. Ils détruisent des camps d’entraînement et des dépôts logistiques des groupes islamistes.

« Le dispositif comprenait trois Rafale biplaces (avec un seul pilote à bord), et un monoplace. On ne s’explique pas ce choix de cellules. L’armement comprenait des GBU-49 (guidage GPS et laser) associées à des pods Damoclès et des AASM. Trois des Rafale ont largué la totalité de leur armement, soit six engins chacun. Le quatrième Rafale a conservé ses AASM, une munition réputée plus coûteuse.
On ignore si les Mirage 2000 de N’Djamena sont entrés en action. A eux seuls, les trois Rafale qui ont largué emportaient plus de munitions que les Mirage de N’Djamena réunis (18 coups). »  Source  © Armée de l’Air

L’opération Serval représente 13000 heures de vol, 7500 sorties et 300 bombes délivrées.


BARKHANE : à partir d’août 2014

Lancée le 1er août, 2014 dans le prolongement de l’opération Serval, Barkhane est une opération conduite par les armées françaises. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso.

L’opération Barkhane regroupe 3000 militaires, une vingtaine d’hélicoptères, 200 véhicules de logistique, 200 blindés, 6 avions de chasse, 3 drones et une dizaine d’avions de transport.

© Armée de l’Air


SANGARIS : décembre 2013 à octobre 2016

Les 5 et 6 décembre 2013, les aviateurs du détachement de Rafale et C135, positionné à N’Djaména, ont rapidement été mis en alerte après l’annonce par le président de la République du lancement de l’opération Sangaris.

Cette mise en alerte a notamment été répercutée vers le personnel du renseignement, qui a sélectionné cartes et données de la zone pour les mettre à disposition des pilotes, et vers les équipages des Rafale et C135 (avion ravitailleur en kérosène) qui ont pu appréhender l’environnement : cartes, terrains de déroutement, quantités de pétrole nécessaire, rayons d’action, codifications, menaces sol-air, moyens de récupération en cas d’éjection… De la même façon, les mécaniciens ont préparé les avions en configurations diverses, comme le Rafale le permet : armements (bombes guidées laser) ou appareils de reconnaissance (Pod de reconnaissance nouvelle génération).

 


CHAMMAL : à partir de septembre 2014

Le 19 septembre 2014, une opération militaire aérienne est menée contre le groupe terroriste Daech. Cette opération a pour objectif de détruire, par frappes aériennes, un dépôt logistique de Daech repéré dans la région de Mossoul par les missions de reconnaissance et de renseignement réalisée précédemment.

  • 20 septembre : 2 Rafale basés à Al Dhafra (EAU) équipés de GBU-12 effectuent une nouvelle mission de soutien en Irak : 5 heures de vol, 3 ravitaillements en vol et 4 GBU-12 tirées.
  • 26 septembre : 7 heures de vol, 4 ravitaillements et 4 GBU-12 tirées par 2 Rafale sur des hangars contenant du matériel militaire.
  • 5 octobre : le dispositif aérien français se compose désormais de 9 Rafale.
  • 22 octobre : premier usage du canon de 30 mm sur des fantassins du groupe Daesh.
  • 23 octobre : nouveau raid aérien, 2 Rafale tirent 12 AASM.
  • 31 octobre : vers 7h00 et malgré les mauvaises conditions météo, les Rafale neutralisent un bâtiment trasnformé en point d’appui en ouvrant le feu avec deux bombes AASM
  • 14 novembre : plusieurs GBU-12 sont tirées. Un bunker est détruit.
  • 19 novembre : associés aux alliés, 2 Rafale ouvrent une brèche dans le système de défense du siège de Kirkouk
  • 1er décembre : un check-point de Daesh est détuit par 2 Rafale armés de GBU-12
  • 5 décembre : 2 Rafale armés AASM se joignent à une opération de la coalition (15 appareils de 7 nations) et neutralisent des postes de tir
  • 26 décembre : tirs d’AASM contre des bâtiments
  • 02 janvier 2015 : des combattants et un poste avancé de Daesh sont neutralisés
  • Janvier : près de 90 missions menées
  • 24 janvier : 3 Rafale sont relevés par des appareils du 2/30 et du 1/7. Le dispositif compte alors 9 Rafale, 6 Mirage 2000D, un C-135FR et un Atlantique 2.
  • 25 février 2015, deux avions Rafale Marine ont décollé depuis le porte-avions Charles de Gaulle pour leur première mission de frappe au-dessus de l’Irak
  • Février à Avril 2015 : le porte avions Charles de Gaulle et son groupe aérien réalisent 10 à 15 sorties par jour au dessus de l’Irak
  • 27 septembre : 5 Rafale frappent pour la première fois des sites de Daech en Syrie, alors que les missions de reconnaissance durent depuis le 8 septembre
  • Décembre 2014 : 30 missions pour 10 frappes
  • Janvier 2015 : 105 missions pour 11 frappes
  • Février 2015 : 88 missions pour 7 frappes
  • Mars 2015 : 289 missions pour 25 frappes
  • Avril 2015: 112 missions pour 22 frappes (au 16 avril)
  • Juin 2015 : la 150 ème frappe est réalisée par des Mirage 2000D
  • Juillet 2015 : la 1000 ème mission aérienne est réalisée
  • Septembre 2015 : premiers vols de reconnaissance au dessus de la Syrie et premières frappes le 27 septembre par 5 Rafale
  • Novembre 2015 : 300 ème frappe sur Daech. A cette date, les frappes sont pultipliées par 2.5 et les sorties aériennes par 2 (140 frappes en 2 mois et 63 sorties par semaines).
  • Décembre 2015 : première utilisation du missile de croisière SCALP sur des centres d’entrainement et des dépôts logistiques
  • Janvier à juin 2016 : 1347 vols en Irak et Syrie, soit 332 frappes sur Daech et 540 objectifs détruits
  • Fin 2016 : 14 Rafale sont affectés aux opérations contre Daesh

 

Bilan cumulé de septembre 2014 à fin 2016 :

– 5164 vols en Irak / Syrie

– 981 frappes

– 1651 objectifs détruits

Bilan cumulé de septembre 2014 à septembre 2017 :

– 6983 vols en Irak / Syrie

– 1337 frappes

– 2109 objectifs détruits

Bilan cumulé de septembre 2014 à mai 2018 :

– 8137 vols en Irak / Syrie

– 1450 frappes

– 2241 objectifs détruits

© Ministère de la Défense

Le mercredi 20 juin 2018 marque la 1000e sortie d’un Rafale B pendant l’opération Chammal. L’occasion de totaliser 4900 heures de vol, dont 1300 de nuit, 2400 ravitaillements en vol et 327 tirs.

Depuis sa création le 21 novembre 2014, la base aérienne projetée en Jordanie revendique près de 1000 frappes, 6000 sorties et 26000 heures de vol réalisées par les appareils qui y sont stationnés (Sept. 2018). © Ministère de la défense.

Septembre 2018 : 8477 sorties aériennes, 1457 frappes, 2249 objectifs détruits. 10 Rafale stationnés en Jordanie.

Ci-dessous, le Rafale B322 « Drone Killer » observé en septembre 2018 par Sébastien Buyck (?). Selon Air Forces Monthly, l’appareil aurait été retaské à l’occasion d’une mission afin de détruire un drone MQ-9 Reaper abattu par Daech. La destruction du drone ayant été demandée afin d’éviter que son équipement ne tombe aux mains de l’ennemi. Source


HAMILTON : 14 avril 2018

Contribuant à hauteur de 10% d’une opération conjointe entre les Etats-Unis, le Royaume Uni et la France, la force militaire française, détruit une bonne partie de l’arsenal chimique du régime syrien de Bachar al-Assad. 4 Mirage 2000-5, 5 Rafale, 2 Awacs et 6 ravitailleurs sont engagés. Le raid est mené à partir de la France, nécessitant ainsi 10 heures de vol aller-retour (8000 km) et le tir de 9 missiles Scalp (1 dysfonctionnement qui obligera l’équipage à larguer son missile en Méditerranée pendant le vol retour).

2 objectifs étaient visés par les français : une usine de production et de stockage située à l’ouest de la ville d’Homs (2 Scalp), et un bunker de stockage (8 Scalp).

© Service de presse des Armées – Source.

@ suivre …

 

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