Un objectif stratégique : projeter la puissance aérienne française à l’échelle mondiale
Conduite du 8 septembre au 15 octobre 2026, la mission Pégase 26 constitue la septième édition du déploiement aérien de grande ampleur de l’Armée de l’Air et de l’Espace. L’objectif principal est de démontrer la capacité de la France à déployer rapidement une force aérienne complète à très longue distance, en autonomie ou en coalition, sur plusieurs théâtres d’intérêt stratégique. Le dispositif mobilise notamment quatre Rafale F4, trois A330 MRTT Phénix, deux A400M Atlas et près de 300 aviateurs. L’édition 2026 se distingue par un itinéraire inédit. Il relie l’Arctique, l’Indopacifique et le Moyen-Orient, tout en renforçant les coopérations militaires avec plusieurs partenaires majeurs de la France.
Photo de couverture : © U.S. Air Force photo by Senior Airman Tori Haudenschild

Groenland : l’ouverture d’une nouvelle route stratégique par le Grand Nord
Le 7 septembre, un premier A400M Atlas quitte la base aérienne 123 d’Orléans pour Kangerlussuaq, au Groenland. Près de six heures de vol plus tard, l’appareil se pose sur le sol arctique. Après une escale technique, il reprend sa route dès le lendemain vers Pituffik Space Base, puis Eielson Air Force Base, en Alaska.
Cette escale ne constitue pas un simple arrêt logistique : elle permet de valider une nouvelle route aérienne vers l’Amérique du Nord et le Pacifique en passant par les hautes latitudes. Les équipages y affrontent des conditions climatiques exigeantes, tout en testant leur capacité à opérer dans un environnement polaire. Cette phase contribue à diversifier les axes de projection stratégique français et à préparer d’éventuels déploiements futurs dans l’Arctique.


Canada : une étape clé sur la route transarctique
Le 8 septembre, quatre Rafale, cinq A330 MRTT Phénix et un second A400M décollent de la base aérienne 125 d’Istres. En vol, un point de coordination est calculé entre les Rafale, les MRTT et le premier A400M, afin de permettre à ces appareils de se retrouver et de poursuivre ensemble vers l’Alaska. Au total, six ravitaillements en vol sont nécessaires aux Rafale pour rallier Eielson, après onze heures de vol. Le second A400M, quant à lui, rejoint Kangerlussuaq puis poursuit le lendemain vers la base aérienne de Goose Bay, au Canada, avant de redécoller pour l’Alaska.
Cette traversée confirme la pertinence du corridor nord-américain retenu pour cette édition. Elle permet aux équipages de gérer des vols de très longue durée, de consolider les procédures de soutien logistique et de démontrer la capacité de l’Armée de l’Air et de l’Espace à déplacer rapidement un groupe aérien de combat sur plusieurs milliers de kilomètres.
Alaska (États-Unis) : entraînement de haut niveau avec l’US Air Force
L’Alaska constitue l’une des étapes majeures du déploiement. Les forces françaises y bénéficient de vastes espaces aériens adaptés aux missions complexes de combat aérien. Les équipages de Rafale s’entraînent aux côtés des F-22 Raptor et F-35 Lightning II de l’US Air Force. Les scénarios incluent des combats aériens, du ravitaillement en vol et des vols à basse altitude. Cette séquence renforce l’interopérabilité entre les armées française et américaine tout en validant la nouvelle route de projection vers l’Indopacifique.


Japon : approfondir le partenariat avec la JASDF
Du 14 au 20 septembre 2026, Pégase 26 fait escale au Japon. Les forces françaises y mènent plusieurs entraînements conjoints avec la Japan Air Self-Defense Force (JASDF). Les Rafale opèrent notamment avec les chasseurs japonais F-2 et les moyens de ravitaillement alliés. Cette étape vise à renforcer la compréhension mutuelle des procédures opérationnelles et à améliorer l’interopérabilité dans une région devenue essentielle pour les équilibres stratégiques mondiaux.

Corée du Sud : une coopération renforcée autour des aéronefs de nouvelle génération
Après le Japon, le détachement rejoint la Corée du Sud. Cette étape est marquée par des entraînements tactiques entre les Rafale français et les F-35 sud-coréens. Ces exercices permettent aux équipages de partager leurs expériences autour des technologies de combat les plus avancées et de renforcer les liens entre deux pays engagés dans la modernisation de leurs capacités aériennes.

Indonésie : consolider un partenariat stratégique en plein essor
À Jakarta, du 20 au 25 septembre 2026, les aviateurs français conduisent plusieurs activités communes avec leurs homologues indonésiens. Cette étape revêt une importance particulière alors que l’Indonésie a engagé une coopération renforcée avec la France dans le domaine aéronautique militaire. Les échanges portent notamment sur des appareils désormais communs aux deux forces aériennes, illustrant la montée en puissance du partenariat stratégique franco-indonésien en Indopacifique.

Inde : participation au plus grand exercice aérien multinational d’Asie
Une partie du dispositif rejoint ensuite l’Inde afin de participer à Tarang Shakti 2026, présenté comme le plus grand exercice aérien multinational organisé en Asie. Les équipages français évoluent aux côtés de plusieurs nations partenaires, dans des scénarios complexes mêlant combat aérien, coordination multinationale et opérations de grande ampleur. Cette étape confirme la profondeur du partenariat stratégique entre Paris et New Delhi.



La Réunion : démonstration de la capacité de renforcement des territoires ultramarins
Pendant qu’une partie du détachement se trouve en Inde, un autre élément de la mission rejoint la zone sud de l’océan Indien et les forces françaises stationnées à La Réunion. Cette séquence démontre la capacité de la France à renforcer rapidement ses implantations ultramarines et à assurer la défense de ses intérêts dans une région stratégique traversée par les grandes routes maritimes mondiales.


Qatar : maintien d’une présence dans une région prioritaire
Le Moyen-Orient constitue la troisième grande phase de la mission Pégase 26. Une partie du dispositif fait escale au Qatar. Ce déploiement maintient les liens opérationnels avec un partenaire de premier plan dans la région. Cette présence illustre la capacité française à intervenir simultanément sur plusieurs espaces stratégiques tout en entretenant une coopération étroite avec ses alliés régionaux.

Égypte : l’exercice AMUN 26 avant le retour vers la France
Dernière étape opérationnelle du déploiement, l’Égypte accueille les équipages français dans le cadre de l’exercice franco-égyptien AMUN 26. Les entraînements avec l’armée de l’air égyptienne permettent d’approfondir l’interopérabilité entre les deux pays. Egalement, ils consolident un partenariat militaire déjà ancien. Cette phase conclut un périple de près de 40 000 kilomètres avant le retour des aéronefs vers la France.

Conclusion
Avec son parcours reliant l’Arctique, l’Amérique du Nord, l’Indopacifique et le Moyen-Orient, Pégase 2026 constitue l’une des démonstrations les plus ambitieuses du savoir-faire de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Au-delà de la performance logistique, cette mission illustre la capacité de la France à projeter rapidement une force aérienne crédible, à soutenir ses intérêts stratégiques sur plusieurs continents et à renforcer ses partenariats militaires avec les principales puissances aériennes du monde.






