MBDA MICA – Coût unitaire estimé : 590.000 €
  • Moteur : fusée à carburant solide
  • Masse au lancement : 112 kg
  • Longueur : 3.1 m
  • Diamètre : 0.16 m
  • Envergure : 0.56 m
  • Vitesse : + Mach 4.0 (En règle générale, la vitesse d’un missile est obtenue « au delà ce celle de l’avion tireur »)
  • Portée : 500 m à 80 km (?)
  • Altitude de croisière : jusqu’à 11000 m
  • Charge : 12 kg d’explosif
  • Les têtes du missile offrent 2 possibilités, guidage radar ou infra-rouge.
  • Durée de vie estimée (vieillissement) : 13 ans (source Assemblée Nationale).
  • Date d’entrée en service : 1996

© MBDA – DGA – Sagem DS

Un Rafale du 2/30 en configuration « Permanence Opérationnelle » (2 Mica EM et 2 Mica IR) – Août 2018 – © Pierre Gabriele

En 2012, l’Indian Air Force commande 500 missiles MICA pour un montant de 950 millions d’€.

Le missile est éjecté sous fuselage (4g max) et tiré sur rail sous les ailes (9g max) (Air Fan n°271).

Premier MICA EM livré en décembre 1999, premier MICA IR livré en mars 2005.

Dernier des 540 MICA EM livré en octobre 2008, dernier des 570 MICA IR livré en 2012.

Guidage inertiel + réactualisation par liaison de données + radar actif en fin de course (ou guidage infra-rouge). L’autodirecteur IR est fabriqué par SAGEM.

Les performances de rupture de cet autodirecteur, telles que sa grande sensibilité, ses algorithmes d’imagerie performants, son imagerie bispectrale, son acquisition automatique de cibles tout aspect, sa capacité d’accrochage avant ou après tir, sa discrimination entre cibles et leurres, lui permettent de surcroît d’opérer comme un capteur contribuant à l’information tactique de l’équipage.

Le MICA, premier missile à électronique entièrement numérisée, est un missile air-air à autodirecteur actif EMD, pulse Doppler, et pouvant être tiré sur coordonnées. Une liaison hyperfréquence avion missile permet aussi de rafraîchir en cours de vol les données de la cible (assurée par le RBE2).

Sur le Rafale F3, le MICA permet au collimateur tête haute de l’avion d’afficher au pilote la probabilité de coup au but de son missile avant qu’il ne soit tiré. Dans les mode 1 et 2 du couple Rafale F3/MICA, le radar RBE2 met à jour en temps réel via une liaison avion-missile (LAM) et pour quatre missiles tirés simultanément les coordonnées de 4 cibles jusqu’à ce que chaque autodirecteur MICA prenne en charge sa propre cible.

Mode 1 : tir longue distance avec liaison avion-missile. Ce mode permet d’obtenir les plus longues portées, en optimisant à chaque instant la trajectoire et le champ de recherche du missile.
Mode 2 : tir longue distance sans liaison avion-missile. Ce mode permet à l’avion tireur d’engager plusieurs cibles et de rompre le combat.
Mode 3 : tir courte distance avec accrochage de l’autodirecteur en vol. Ce mode est optimisé pour le combat rapproché avec un très fort dépointage et l’utilisation d’un viseur de casque. Capacité LOAL (Lock After Launch)
Mode 4 : tir courte distance avec autodirecteur accroché avant le tir. Ce mode classique permet au missile d’être tiré de façon autonome.

Juin 2007 : premier tir « over the shoulder » d’un MICA

Le 11 juin 2007, le Centre d’expériences aériennes militaires (CEAM) de Mont-de-Marsan a réalisé une première européenne, et peut-être même mondiale. Dans le cadre d’un tir d’évaluation technico-opérationnelle (ETO), un missile air-air Mica, tiré à partir d’un Rafale F2, a réussi à abattre une cible située en arrière et poursuivant l’avion tireur. A l’issue d’une trajectoire à 180°, le Mica a abattu sa cible, un avion-cible C-22, situé dans « les 6 h » de l’avion tireur. Ce tir, de loin le plus complexe de la série d’évaluation, teste une combinaison unique. Il implique deux Rafale (Rafale tireur et illuminateur) et un avion-cible C-22. Le C-22 est positionné derrière le Rafale tireur. Celui-ci n’a aucun contact radar avec le C-22. Le Rafale illuminateur manœuvre à plusieurs dizaines de kilomètres du Rafale tireur et maintient le contact grâce à une combinaison de son radar RBE2 et de la Liaison 16 (liaison de données tactique). Le Rafale illuminateur effectue la désignation de la cible grâce à son radar et transmet sa position au Rafale tireur par L.16. Celui-ci utilise alors les coordonnées transmises pour caler la navigation inertielle du Mica EM (autodirecteur électromagnétique) et tire le missile. Le Mica entre dans la zone désignée par les coordonnées, ouvre son autodirecteur, engage la cible et la détruit à une distance supérieure à la portée des missiles de combat aérien de courte portée de type Magic 2, qui aurait pu menacer le Rafale tireur. Dans un combat réel, l’avion poursuivant aurait donc été abattu avant même de pouvoir tirer son propre armement.

Ce tir met en jeu une combinaison unique d’éléments spécifiques : détection et transmission des coordonnées de la cible par un avion et tir à 180° sans contact radar direct par l’avion menacé. Ces essais, réalisés par l’armée de l’air et la DGA, valident la pertinence tactique de l’ensemble du système d’armes, qui allie les performances du radar RBE2, l’agilité du Mica et les capacités d’échanges d’informations de la Liaison 16. D’un point de vue opérationnel, ce tir montre que le système d’armes Rafale engage une révolution dans le combat aérien. Le RBE2 et la L.16 permettent à un Rafale de tirer sur un avion le poursuivant sans que celui-ci ne soit « accroché » ou même « balayé » par son propre radar. L’agilité et l’accélération du Mica permettent un tir à 180°, transformant ainsi le chasseur en proie.

Outre cette performance spectaculaire, les avancées par rapport aux prédécesseurs du Mica sont nombreuses. Le seul Mica, dans ses deux versions IR et EM, remplace le missile d’interception Super 530 et le missile de combat rapproché R 550 Magic II. Le Mica dispose d’une portée deux fois supérieure au Super 530 : 80 km au lieu de 40 km. La « no escape zone » est largement augmentée et optimise, de ce fait, la mission d’interception. Grâce à sa fonction « Fire-and-forget » multicibles, le Mica est beaucoup plus souple d’emploi que le Super 530 à guidage radar semi-actif qui oblige l’avion tireur à éclairer la cible pour guider le missile.

© C. Cosmao

Le Mica, associé à la liaison de données tactique L. 16, ouvre des perspectives d’emploi très prometteuses. Le balayage et la désignation de la cible pourraient être effectués par un avion AWACS ou un système de détection sol. Dans ces configurations, la zone balayée par le radar serait nettement plus étendue et l’avion tireur pourrait lancer son missile avec une discrétion électromagnétique totale en configuration Mica IR.

Ce tir est l’avant-dernier d’une série de 12 dans le cadre de l’ETO du Mica sur Rafale et Mirage 2000-5. Les tests déjà effectués avaient autorisé une mise en service opérationnelle sur Rafale et Mirage 2000-5 du Mica EM en 2006 et du Mica IR (infrarouge) en 2007. Les essais s’orientent maintenant vers la mise en service du standard F3 du Rafale qui inclura, notamment, le missile nucléaire ASMP-A, le missile anti-navire Exocet AM 39 et une capacité de reconnaissance avec la nacelle Reco NG.

Ci-dessous, détail des pylônes de tir et d’éjection :

Simulation : Tir missile MICA sous 8g (tir sur rail et non éjection sous fuselage)

Juillet 2018 : lancement du programme MICA NG

Entré en service en 1996, développé dans les années 80/90 (premier essai en 1991), le retrait des MICA de première génération est envisagé entre 2018 et 2030. La « Nouvelle Génération » de missiles, qui disposera également de 2 têtes possibles (IR/Infrarouge et EM/Électromagnétique) est attendue entre 2026 et 2031.  Source. Le nouveau missile devrait conserver la même forme, masse et pouvoir s’adapter au cibles telles que les drones.

MBDA annonce un autodirecteur IR à capteur matriciel ayant une sensibilité supérieure, et l’autodirecteur EM disposera d’une technologie AESA. La quantité de poudre du propulseur devrait augmenter grâce à la réduction du volume de l’électronique, ce qui devrait accroître la portée. Le propulseur devrait également s’équiper d’une capacité à double impulsion, permettant de redonner de l’énergie au missile en fin de trajectoire. Equipé de différents capteurs, l’état de santé du missile devrait également être plus facile à suivre, facilitant ainsi le MCO (Maintien en Condition Opérationnel).

Le 6 novembre 2018, le contrat d’acquisition de 567 missiles MICA NG est attribué à MBDA, par ailleurs, 300 missiles actuellement en service seront rénovés.


MBDA METEOR (opérationnel en 2018 ?)
  • Moteur : fusée + statoréacteur à propergol solide et à poussée régulée
  • Masse aulancement : 185 kg
  • Longueur : 3.65 m
  • Diamètre : 0.18 m
  • Envergure : 
  • Vitesse : + Mach 4.0
  • Portée : + 100 km
  • Altitude de croisière : 
  • Guidage inertiel + réactualisation par liaison de données + radar actif en fin de course

Tout comme le MICA, une Liaison Avion Missile permettra à l’appareil tireur de réactualiser les données du missile lors de son vol. Cette LAM sera assurée aussi bien par les antennes AESA que PESA.

Les premiers essais de séparation se sont déroulés début octobre 2012. A ce stade, seuls les points latéraux arrières recevront les missiles avec séparation par éjection. Le programme d’intégration sur Rafale est estimé à 350 millions d’euros (Assemblée nationale) et tous les tirs de développement ont été clos en 2012.

Portés au Standard F3R, l’ensemble des Rafale sera en mesure de tirer le missile Météor.

 

Au total, 5 tirs d’essais seront nécessaires entre début 2015 et 2017. Premier tir propulsé en avril 2015. Mars 2016 : troisième tir guidé réalisé par le rafale B301 équipé d’un RBE2 AESA. Le 5ème et dernier tir a lieu en avril 2017 : à cette occasion, le missile se voit réassigné une nouvelle cible pendant sa course via sa Liaison Avion-Missile (Source : Fox Three n°19).

Premier tir propulsé d’un Meteor en avril 2015


MATRA R550 Magic II

Remplacé par le MICA, le Magic II a été néanmoins exploité sur les Rafale au Standard F1 de la Marine.

  • Portée : < 15 km
  • Masse : 89 kg
  • Charge militaire : 12.5 kg
  • Longueur : 2.75 m
  • Diamètre : 0.15 m
  • Envergure : 0.66 m
  • Guidage : infra-rouge passif (capacité « fire and forget »)
  • Son capteur IR permet un tir « multi-secteurs ».

A noter que le pylône d’emport (extrémité de voilure) du Magic II est toujours utilisé dans le cadre des présentations du Rafale Solo Display, quand celui-ci est équipé des « Smokewinders ». Photo © Eric Coffinet

 


Septembre 2008 : première campagne de tir ai-air pour le Rafale

Onze Rafale, biplaces et monoplaces, de l’escadron de chasse 1/7 « Provence » de Saint-Dizier participent à leur première campagne de tir sur la base aérienne 126 « Capitaine Preziosi » de Solenzara. Cet entraînement se déroule du 15 au 26 septembre 2008. Au cours de cette campagne, une vingtaine de pilotes de chasse, dont quelques jeunes nouvellement affectés, profitent de la zone aérienne D 57 (*) réservée pour l’entrainement au tir air/air au canon sur cibles remorquées et l’exécution de missions de combat aérien. L’enjeu pour ces pilotes consiste à décrocher la qualification « air-air », indispensable pour assurer la mission de défense aérienne. Cet entraînement est nécessaire pour mettre en oeuvre la posture permanente de sûreté aérienne et préserver ainsi l’intégrité du territoire national. En deuxième semaine, entre le 22 et le 26 septembre, les pilotes poursuivront leur entraînement par des activités de tir air/sol sur le champ de tir de «Diane». Source Defense.gouv.fr

(*) NDLR : ou D67 ?

error: Content is protected !!