Des Rafale (mais pas que) au-dessus de Paris.

L’histoire de la cérémonie du 14 juillet

Ce n’est qu’en 1880 que le défilé militaire devient une institution. La première édition du défilé militaire a lieu à l’hippodrome de Longchamp, où il restera jusqu’en 1914.

En 1919, les Maréchaux Foch, Joffre et Pétain défilent sur les Champs-Elysées, passant même sous l’Arc de Triomphe pour célébrer la victoire de la Première Guerre Mondiale. C’est d’ailleurs à ce moment-là que le défilé s’installe sur « les champs ».

Le défilé du 14 juillet 1919 © Rue des Archives / Tallandier

La Seconde Guerre Mondiale marquera une pause dans les festivités du 14 juillet, puis les chars feront leur apparition, ainsi que les avions.

Pendant son mandat, Valéry Giscard d’Estaing déplace le défilé dans d’autres artères de Paris. En 1982, François Mitterrand repoussait le défilé à la nuit tombée.

Généralement, ce sont environ 4 000 soldats qui défilent sur les Champs-Elysées à un rythme de 120 pas par minute. La marche est traditionnellement clôturée par les unités de la Légion étrangère, célèbres pour leur barbe volumineuse et leur pas plus lent.

Un Rafale C de Mont de Marsan se pose à Evreux en juillet 2019. Notez que l’appareil porte encore les couleurs du 1/7 « Provence », tout en portant une immatriculation de la 30e Escadre © Sylvain Gourheu
14 juillet 2018 © Olivier Gollain
Alignement de Rafale à Evreux en 2015. La Base Aérienne 105 accueille généralement les avions qui assurent le défilé aérien © Sylvain Gourheu
Que s’est-il passé le 14 juillet ?

Cet été là, une grande agitation règne à Paris. Face au mécontentement populaire, le roi réunit une assemblée des représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Ces derniers demandent une réforme profonde des institutions et, le 9 juillet, se proclament Assemblée nationale constituante. L’initiative inquiète le roi qui fait venir en secret des régiments suisses et allemands à proximité de Versailles. La rumeur court bientôt que les troupes royales se préparent à entrer dans Paris pour arrêter les députés. Le 12 juillet, un orateur harangue la foule qu’il appelle à réagir : c’est Camille Desmoulins, monté sur un tonneau, qui annonce une « Saint Barthélemy des patriotes ».

Au matin du 14 juillet, des Parisiens en colère vont chercher des armes aux Invalides, puis se dirigent vers la vieille forteresse royale de la Bastille, en quête de poudre. Après une journée de fusillade sanglante, et grâce au ralliement de gardes nationaux, les Parisiens s’en emparent et entament sa démolition. Au final, ils ne libèrent que quelques prisonniers et malfrats sans envergure. Mais cette vieille prison médiévale incarne l’arbitraire de l’Ancien régime. En l’abattant, les Parisiens font tomber un rempart de l’absolutisme. Et cette journée, qui marque le début de la Révolution, restera dans les mémoires comme un jour de liberté (source).
Cependant, notre fête nationale ne commémore pas directement cette journée, mais plus précisément la fête de la fédération survenue le 14 juillet 1790.
Arrivée en formation pour les Rafale de la 30e Escadre de Chasse de Mont de Marsan. Base aérienne d’Evreux en 2020 © Sylvain Gourheu
Pourquoi le 14 juillet 1790 ?

Après l’été 1789, des « fédérations » se créent partout en France. Afin de contrôler ce mouvement, la commune de Paris décide de fonder une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales et de les réunir à Paris le 14 juillet 1790. La cérémonie est censée célébrer la prise de la Bastille, un an après cette date symbolique, mais aussi apporter un semblant d’ordre et d’unité dans un pays en crise.

Ce jour-là, 14000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu’au Champ de Mars.

L’espoir d’une union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire. Les 400000 parisiens rassemblés acclament leur souverain … même si, deux ans plus tard, le roi est arrêté et condamné à mort.

Pendant près d’un siècle, la commémoration est abandonnée, et réapparaît en 1880 sous la IIIe République. pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C’est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel et le 14 juillet fête nationale.

Infographie du programme du défilé du 14 juillet 2020
Le 14 juillet devient un jour férié

Un décret du 6 juillet 1880 instaure un défilé militaire que l’on connaît encore aujourd’hui. La loi installe aussi le 14 juillet comme jour férié. L’idée est alors de donner une journée non travaillée aux Français pour participer aux commémorations, mais aussi écouter leur président.

En 1886, une femme, cantinière du 131e régiment d’infanterie, défile pour la première fois. En 1936, les syndicats se joignent, à leur façon, à la fête. Après le défilé militaire, un million de personne défilent à l’appel des organisations syndicales.

Répétitions du défilé sur la Base Aérienne 123 Orléans-Bricy en 2020
Un Boeing E3-F « Système de Détection et de Commandement Aéroporté » de la 36e EDCA qui stationne à Avord. Son équipage se compose de 18 personnes © Blackmoone
Mirage 2000 et Rafale escortent un Boeing C-135 © Blackmoone
Retour d’un vol de répétition pour le Rafale M4 à Orléans en 2020 © Landry Dellis
Rafale et Mirage 2000-5F escortent un Boeing C-135 © Landry Dellis
Rafale Marine et Hawkeye durant l’entrainement au défilé en 2020 à Orléans © Landry Dellis
Un Rafale C du 3/30 Lorraine se pose à Orléans en 2020, après un vol de répétition © Landry Dellis
Le défilé du 14 juillet 2020
2 Typhoon britanniques accompagnent des Rafale de Mont de Marsan. A leurs bords, 2 pilotes en échange : un pilote de l’Armée de l’Air sur Typhoon, et un pilote de la Royal Air Force sur Rafale. © Thierry Billard
Le plot de la Marine Nationale. Un E2C Hawkeye en leader, suivi par 4 Rafale M © Thierry Billard. Défilé du 14 juillet 2020.
Un Boeing E3F Awacs précède un Mirage 2000-5F et un Rafale de la 30e Escadre de Chasse © Thierry Billard
Un ravitailleur C-135 accompagné d’un Mirage 2000-5F. 4 Rafale de la 4e Escadre de Chasse suivent © Thierry Billard
Défilé du 14 juillet 2020 © Claude Renault
Retour à Landivisiau pour les Rafale M. Passage en formation au dessus de Brest en 2020 © Frédéric Bastoul. L’équipier extérieur gauche est en configuration « nounou« .
Le saviez-vous ?
  • En 1984, le B-17 Flying Fortress « Pink Lady » défile pour les 50 ans du débarquement en Normandie. Deux DC-3 l’accompagnent.
  • 2004, pour le centenaire de l’entente cordiale, la patrouille des Red Arrows survole des Champs Elysées.
  • De nombreux participants européens en 2008 : Typhoon espagnol et italien, Mig-29 slovaque, Gripen hongrois, Mig-21 roumain, AlphaJet belge et C-160 allemand.
  • L’Airbus A-400M participe pour la première fois en 2013, ainsi que des Typhoon de la Luftwaffe.
  • En 2017, la patrouille acrobatique de l’USAF, les Thunderbirds, ainsi que deux Boeing F-22 Raptor sont intégrés au défilé.
  • Sans lien avec les cérémonies du 14 juillet, Charles Godefroy réalise un passage historique sous l’Arc de Triomphe le 7 août 1919, à bord d’un Nieuport 11.
Le B-17 « Pink Lady » en 2003 au salon du Bourget © Thierry Billard
A-400M, Typhoon et Rafale en 2013 © Claude Renault
La patrouille acrobatique de l’US Air Force, les Thunderbirds, au-dessus de Paris en 2017 © Alexandre Bosle
Deux Boeing F-22 Raptor accompagnent les Thunderbirds en 2017. Photo prise au niveau du pont Alexandre III à Paris  © Thierry Billard

 

 

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