RSD 04 Pilote
Entretien avec le Cne Jean-Guillaume MARTINEZ « Marty »

MartyA l’occasion de l’ouverture du site internet Omnirole-Rafale.com, nous avons eu la chance de pouvoir interroger « Marty » sur son métier de pilote de chasse et présentateur Rafale.

Nous partageons avec vous cet échange.

 

« Nous avons un avion de combat absolument fantastique. »

 

Mon Capitaine, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? « Je suis le Capitaine MARTINEZ Jean-Guillaume « Marty », Pilote de Chasse dans l’Armée de l’Air. »

On ne devient pas pilote par hasard, pouvez-vous nous expliquer comment vous est venue cette vocation ? « Elle m’est venue de mon père. Fou d’aviation de la Seconde Guerre Mondiale. Il m’a transmis sont virus pour l’aviation de chasse et le désir de servir son pays. »

Pour devenir pilote opérationnel, quel a été votre cursus ? « J’ai passé mon BAC S, puis le temps que les dossiers EOPN (Elève Officier du Personnel Navigant) avancent, j’ai passé ma 1ère année d’IUT. Au cours de la 2e, j’ai été convoqué pour les sélections. Ayant réussi cette étape, j’ai abandonné l’IUT pour m’engager dans l’Armée de l’Air comme EOPN. »

Que conseilleriez-vous à un jeune qui veut devenir pilote de Rafale ? « Déjà, il faut tenter les sélections, si vous ne le faites pas, vous le regretterez surement. Ensuite, il faut s’accrocher, être très motivé, car la formation est longue. Et surtout, ne jamais lâcher son objectif des yeux, souvent vous finirez à genoux, à chaque fois il faudra se relever et affronter les difficultés. »

Peut-on rester pilote opérationnel en étant pilote présentateur ? « Oui et non. Nous sommes Instructeurs au sein de l’Escadron de Transformation Rafale 03.004 Aquitaine. Nous ne sommes pas un escadron opérationnel. Cependant, nous nous devons de conserver des aptitudes opérationnelles. »

Vous avez effectué 73 missions de guerre, quels souvenirs en gardez-vous ?  « C’est l’aboutissement de l’entrainement exigeant que l’on suit. C’est mettre en pratique tout ce que l’on a appris. »

Lire aussi : 2016 – 2017 : RSD4

 

« En deux ans, j’ai eu l’occasion de faire plus de 200 vols de type « démonstrations » »

 

2016, vous succédez à « Tao » comme quatrième pilote présentateur. Comment cela s’est-il passé ? « Cela s’est très bien passé, je connais Tao depuis plus de 15 ans. Il faut postuler à une prospection pour devenir pilote de démo, passer les filtres des RH et être choisi par les présentateurs précédents. »

Comment conçoit-on le « ruban » ? Qu’a-t-il de particulier ? « On le travaille sur papier puis on essaie les nouvelles manœuvres en vol à une altitude de sécurité. Puis nous enchaînons les figures pour aboutir au ruban définitif. »

Combien faites-vous de démonstrations tout au long de l’année ? « Nous  sommes pilotes de démonstration pour deux ans. La 1ère année est une année « courte », avec une longue période d’entrainement et des meetings aériens de début mai jusqu’à mi octobre. Cela fait environ 25 sites différents.

La 2ème année est une année « longue » avec une période d’entrainement plus courte mais la participation à des salons aéronautiques comme Aéroindia (Inde), LIMA (Malaisie), SIAE (Le Bourget) et Dubaï Airshow plus la participation, entre mi-mai et mi-octobre aux différents meetings européens.

En deux ans, j’ai eu l’occasion de faire plus de 200 vols de type « démonstrations ». »

Depuis 2009, les équipes de démonstration Rafale parcourent le monde et ont été récompensées 5 fois au Royal International Air Tatoo, comment expliquez-vous ces succès ? La « concurrence » y est rude pourtant ? « Nous avons un avion de combat absolument fantastique. Le Rafale a été « confronté » à des avions de chasse tels que les F-22, F-35, les F-16, les F-18, les Typhoon, les Gripen, Su-27 et Su-30. Je pense que la démonstration du Rafale est très dynamique et impressionne par la vitesse. »

Cette année, vous êtes le coach de « Babouc », que se passera-t-il ensuite ? « Je serai le coach de Babouc pour les deux ans, 2018 et 2019, car ces deux années sont très différentes avec la participation aux salons aéronautiques. Ensuite, je quitterai l’Armée de l’Air pour trouver une voie dans le civil. »

Quel conseil avez-vous donné à « Babouc » pour qu’il suive votre succès ? « Il doit rester humble et accessible. Il doit se faire plaisir pour que le public puisse apprécier ses démos. »

Vous avez contribué au développement du RSD sur les réseaux sociaux. Comment expliquez-vous un tel succès ? « C’est un métier qui a toujours fait rêver, le fait de partager un peu de notre vie de pilote militaire permet de mieux comprendre nos engagements. »

Pour revenir autour du Rafale, comment le voyez-vous par rapport à la concurrence tel que le Typhoon ou encore le récent F-35 ? « Nous avons réellement un avion multi-rôles. Nous avons un avion capable d’effectuer tous types de missions. Il est très évolutif, son ergonomie est absolument géniale. Depuis 2009, j’ai connu un standard différent tous les ans et à chaque fois, il s’améliore. Les ingénieurs n’ont pas fini de nous surprendre en offrant des capacités supplémentaires. Nous pouvons être très fiers de notre industrie aéronautique. »

Nous touchons à la fin de cet entretien, avez vous un petit mot sur notre nouveau site ? « Le Rafale est un très vaste sujet et il est toujours bon de présenter l’excellence française. Je trouve votre site sobre et complet. Merci à vous. »

 

Nous tenons à remercier chaleureusement le Capitaine Martinez pour le temps qu’il nous a gentiment consacré !

© Photo Laurent CasaertGuillaume BerthonLaurent SpotterGuillaume Normand – Anthony LacourBaptiste Laurent

One thought to “Entretien avec le Cne Jean-Guillaume MARTINEZ « Marty »”

  • GĖRARDOT

    J’ai eu l’occasion de saluer notre ami Marty a Avord il y a deux ans et ça restera un grand souvenir pour moi.

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