2018 : Dassault se retire du marché canadien

Dans le cadre du remplacement de sa flotte de CF-188 (80 exemplaires) entrés en service de 1982 à 1988, le Canada envisage en 1997 l’acquisition de 65 F-35A. Face à la montée des coûts enregistrée par le programme JSF, de nombreux politiciens critiquent alors ce choix dés 2010.

En 2014, la presse canadienne met en avant les performances du Rafale : « The Rafale as Canada’s next generation fighter » part 1, part 2, part 3.

2 bases sont actuellement équipées de Hornet : Bagotville et Cold Lake. 

Octobre 2018, le gouvernement canadien publie un nouveau projet pour remplacer les F-18. Les premiers appareils devront être livrés à partir de 2025.

Novembre 2018, Dassault se retire de la course, non convaincu de pouvoir répondre aux exigences requises par le Canada, pays membre de l’alliance des  « Five eyes », composée des Etats-Unis, Australie, Canada, Nouvelle Zelande et Royaume-Uni.


F-16 Belge

2018 : 16 ans après la Hollande, la Belgique choisit le F-35A

La Belgique communique en juin 2014 sa demande d’information à 5 industriels de la défense, dont Dassault Aviation. Objectif : pourvoir au remplacement des F-16 entrés en service en 1979, et dont le retrait est envisagé pour 2023. 34 appareils sont envisagés.

Sur 160 F-16 livrés, seuls 54 exemplaires restent en services, stationnés à Kleine Brogel et Florennes.

Si l’achat des appareils est évalué à près de 3,5 milliards d’euros par l’officier en charge du programme, le colonel Harry Van Pee, le coût total est bien plus important. Il comprend l’acquisition, l’entretien, l’utilisation, l’entraînement du personnel, les éventuelles pièces de rechange et modifications à long terme. Le tout estimé à 15 milliards d’euros, sur une période de 40 ans, donc 375 millions d’euros par an, en moyenne.

25 novembre 2014 : Le GIE Rafale ouvre un bureau à Bruxelles pour assurer la promotion du Rafale. Le transfert de technologie proposé serait « total », assurant à la Belgique un retour sur investissement au moins équivalent à l’acquisition des Rafale. Les offsets liés au contrat prévoient au moins 20 milliards d’investissements sur 20 ans et concerneraient quelques 5 000 emplois.

2017 : La France propose à la Belgique un « partenariat technologique et économique », en marge de l’appel d’offre officiel auquel ont répondu Lockheed Martin avec le F-35 et le consortium Eurofighter avec le Typhoon. 

Février 2018 : Dassault Aviation signe 13 accords de coopération avec les industriels belges. En juin c’est un protocole d’entente qui est signé entre Dassault et Thales Belgium pour l’ouverture d’un centre dédié à la cybersécurité.

Fin octobre 2018, en choisissant le F-35A, la Belgique devient le 13e pays à rejoindre le programme de référence du F-35. Cette sélection, qui s’inspire du solide héritage de Lockheed Martin en Belgique, témoigne de la confiance du pays dans le F-35 pour répondre à ses besoins en matière de sécurité nationale, et de coopération industrielle et économique pour les décennies à venir.

Communiqué de presse Dassault Aviation du 26 octobre 2018 :

« Dassault Aviation prend acte de la décision souveraine des autorités belges de choisir la solution américaine pour le remplacement des F-16 de la Composante aérienne.

Dassault Aviation n’est pas surpris par cette décision du Gouvernement belge dont la préférence de certains acteurs pour le F-35 est manifeste depuis longtemps.

Dassault Aviation a participé à l’offre globale de partenariat stratégique faite par la France au Gouvernement belge en présentant le Rafale et en proposant un retour économique et sociétal dans les domaines de la haute technologie, évalué à 20 Mds€ sur 20 ans. Ce partenariat unique proposé par la France à la Belgique, hors de l’appel d’offres, n’a pas donné suite à étude.

Le choix du F-35 est un mauvais signal pour la construction de l’Europe de la défense. Une fois encore, nous constatons une préférence américaine en Europe.

Dassault Aviation est aussi mobilisé avec son partenaire Airbus pour s’inscrire dans le cadre de la volonté politique de la France et de l’Allemagne de préparation de l’avenir avec le projet de Système de combat aérien futur. »


2013 : le Brésil opte pour le SAAB Gripen (108 exemplaires).

Ce marché portait sur l’acquisition de 36 machines visant au remplacement des F-5 dans un premier temps. Initié en 2001, abandonné puis repris en 2008, cet appel d’offre est perdu en décembre 2013 au profit su SAAB Gripen.

Communiqué de presse Dassault Aviation du 18 décembre 2013 : 

« Nous regrettons que le choix se porte sur le Gripen, doté de nombreux équipements d’origine tierce, notamment américaine. Il n’appartient pas à la même catégorie que le Rafale : monomoteur et plus léger, le Gripen n’est pas équivalent en termes de performances et donc de prix. Cette logique financière ne prend en compte ni le ratio coût-efficacité favorable au Rafale, ni le niveau de la technologie offerte. »

Saab annonce avoir finalisé la vente de 36 avions Gripen E au Brésil pour 4,28 mrd EUR en octobre 2014.

Novembre 2014 : au final, 108 Gripen E sont commandés. Source Photo © SAAB


2011 : Pas de Rafale pour la Suisse, qui annule son projet « Gripen » en 2014.

Arrivé grand gagnant de 2 séries d’évaluations, le Rafale n’en sera pas moins éliminé le 30 novembre 2011 de la course au titre visant au remplacement de la flotte de F-5 Tiger (66 exemplaires entrés en service en 1975). Le Gripen retenu … Les évaluations du modèle « E/F » commencent pour l’acquisition de 22 machines dans un budget de 2.6 milliards d’euros.

18 mai 2014 : par voie de référendum, la Suisse rejette le projet d’acquisition de 22 Gripen. Restent désormais les 54 F-5 qui seront retirés du service en 2016 et les 32 F/A-18 qui devraient rester en service jusqu’en 2025.

Communiqué de presse de Dassault Aviation du 30 novembre 2011 :

« L’équipe RAFALE a pris bonne note du choix des Autorités Suisses pour l’acquisition de leurs futurs avions de combat. Elle regrette que le Conseil Fédéral, comme il l’a officiellement exprimé, ait « sciemment décidé de ne pas positionner la Suisse au plus haut niveau européen s’agissant des performances des nouveaux avions de combat ». 

Les capacités du RAFALE permettraient à la Confédération Helvétique d’acquérir un nombre inférieur d’appareils pour répondre aux besoins opérationnels, à un coût équivalent ou inférieur, tel que démontré lors des évaluations des Forces Aériennes Suisses. 
Le GRIPEN « helvétisé » n’existe que sur le papier. Son développement technique et sa production devraient accroître significativement les efforts financiers des Autorités Suisses pour la réalisation de ce programme. 
RAFALE INTERNATIONAL remercie les 250 sociétés suisses qui ont adhéré à son projet de partenariat industriel dans les 26 cantons de la Confédération Helvétique. »

2018 : la Suisse fixe les conditions d’un nouvel appel d’offre (nouvel avion de combat et système de défense sol-air). Source


2007 : Le Maroc choisit le F-16C/D (24 exemplaires)

Le savoir faire politique des Etats Unis reste indéniable sur cette affaire …

En 1991, le Maroc annonce son intention de remplacer sa flotte de F-5, d’autant plus inquiet de l’acquisition par son voisin l’Algérie, de nouveaux Mig-29.

24 F-16C/D Block 52 seront préférés au Rafale et livrés à partir de 2010 (16 monoplaces et 8 biplaces).

Novembre 2014 : les F-16 marocains interviennent dans le cadre de la coalition contre Daech en Irak. Un appareil sera perdu en mai 2015. Courant 2018, le Maroc aligne encore 22 Northrop F-5, 26 Mirage F-1 modernisés en 2011, ainsi que 19 Alphajet.


2006 : l’Arabie Saoudite poursuit sa route avec le Typhoon (72 appareils)

Déjà important utilisateur du F-15 (70 F-15C/D, 70 F-15S et 84 F-15SA en commande), 72 Typhoon seront choisis en 2006, cette acquisition visant à assurer le remplacement des Tornado ADV. Le premier Typhoon saoudien volera en octobre 2008, décollant de la base de Warton au Royaume Uni.

134 Tornado ont également été commandés par la force aérienne saoudienne, qui met en oeuvre également 6 A-330 MRTT, 40 Hawk et 5 Awacs.

 


2005 : Singapour choisit le F-15SG (40 exemplaires)

Pod Sniper, radar AESA (APG-63(V1)), JHMCS, etc. : les grands moyens étaient mis à disposition de Singapour. L’appareil est également motorisé par des General Electric F110-GE-129 de 13.3 tonnes de poussée.

Véritable nouvelle variante du F-15E, cette version est baptisé « Slam Eagle ». 40 exemplaires en première commande …

12 appareils commandés en 2005, puis 12 de plus en 2007, la flotte est finalement portée à 40 machines en 2014, mis en oeuvre par 2 escadrons. 10 appareils stationnent à Mountain Home AFB (US) à des fins d’entraînement.


2003 : faute de Rafale, la Pologne passe du Mig-21 au F-16C/D (48 exemplaires)

Dans le cadre de l’appel d’offres lancé en 2001 par la Pologne pour l’acquisition d’avions multirôles, trois fournisseurs avaient été consultés : le consortium Dassault, Thalès, Snecma (Mirage 2000-5), Lockheed Martin (F16) et BAe Systems – SAAB (JAS 39 Gripen). Les critères de choix retenus étaient pondérés de la façon suivante : 45 % pour les conditions financières, 40 % pour les caractéristiques opérationnelles et 15 % pour les compensations industrielles. 

Dès le début, le F16 est apparu comme ayant la préférence des autorités polonaises. La volonté politique américaine d’obtenir ce contrat a été clairement illustrée par la décision du Congrès américain d’accorder à la Pologne un prêt FMF (Foreign Military Financing), d’une durée de 15 ans, dont 8 ans de carence. Lors de sa demande au Congrès, l’exécutif américain avait été sans ambiguïté :  » Le prêt FMF est essentiel pour s’assurer que la Pologne soit en mesure d’acquérir le F16, plutôt que ses concurrents européens.  » Les industriels français, soutenus par les pouvoirs publics, ont néanmoins décidé de s’engager dans la compétition avec détermination. L’offre française a ainsi bénéficié d’un soutien politique au plus haut niveau de l’Etat, et le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie a, pour sa part, décidé d’autoriser la Coface à intervenir dans des conditions tout à fait exceptionnelles, afin de permettre à nos industriels de remettre une offre financière comparable à l’offre américaine. Pour leur part, les industriels avaient fait un effort important sur les prix, et leur offre était tout à fait compétitive. Le 27 décembre 2002, les autorités polonaises annonçaient le choix du F16, l’offre américaine étant considérée comme  » la plus profitable et la plus complète pour l’armée de l’air et l’économie polonaise « . Selon certaines sources, les compensations industrielles proposées par les Etats-Unis auraient joué un rôle déterminant. On peut cependant observer que ce critère ne pesait que pour 15 % dans le choix des avions.

La Pologne signera le traité d’adhésion à l’Union européenne le 16 avril 2003 et, deux jours plus tard, l’achat de 48 F-16 pour 3,5 milliards d’euros …


2002 : La Corée du sud retient finalement le F-15K (50 exemplaires)

Le seigneur F-15 l’emporte. Un slogan : « 101 victoires aériennes … et pas une perte ».

« Trois facteurs ont été pris en compte: l’impact sur la sécurité nationale, les relations étrangères et les marchés extérieurs », a dit le ministère dans un communiqué.

Le F-15K et le Rafale restaient officiellement en compétition dans la phase finale de sélection mais la presse sud-coréenne affirmait depuis plusieurs semaines que l’appareil américain avait déjà été choisi. Les autorités de Séoul avaient éliminé fin mars deux autres avions, le Typhoon produit par le consortium Eurofighter et le Su-35 du russe Sukhoï. Des journaux sud-coréens avaient alors rapporté que le F-15 avait été retenu et qu’il ne s’agissait que d’une fausse concurrence.

Evoqué pour la première fois dans la revue Air Fan de novembre 2000, les espoirs auront été vains … 40 F-15K seront livrés pour plus de 4 milliards de dollars. Techniquement, le Rafale l’avait pourtant emporté … mais la présence de 37000 soldats américains au sol oblige les coréens à suivre Washington.


2002 : la Hollande prend le cap du F-35A

Le « Joint Strike Fighter » s’impose … du moins sur le papier, pour remplacer la flotte de F-16A/B des Pays-Bas. Rappelons le résultat des « évaluations » :

  • F-35 = 6.97
  • Rafale = 6.95
  • Eurofighter = 5.83
  • F-16 Block 60 = 5.80

Le premier prototype est livré en avril 2012, un second en mars 2013. Les Pays-Bas devaient en commander 85 exemplaires mais les surcoûts financiers et les problèmes techniques du F-35 ont eu raison des prévisions initiales de l’armée de l’air néerlandaise. 37 appareils sont en fin de compte commandés en 2013 pour 4.5 milliards d’euros. Le F-16 a été commandé par les Pays-Bas à 213 exemplaires, 68 furent modernisés « MLU » et restent actuellement en service …

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